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Prête pour le
marché
Le
grana parvenu à maturation présentait une structure
granuleuse, il était facile à fendre et à râper
et possédait de nombreux petits yeux appelés “vacui”
(vides), régulièrement répartis dans la pâte.
Son parfum était agréable et aromatique, sa couleur
jaune clair, son goût intense, piquant mais sans excès.
Pour le couper ou plutôt, pour le fendre, il fallait utiliser
un couteau court, robuste et à deux tranchants, de manière
à en mettre en évidence la structure granuleuse.
Du point de vue commercial, les fromages grana se divisaient en
type “maggenga” et type “vernenga”.
Le premier était vendu aux détaillants au mois d’octobre,
le deuxième fin juin. La production “maggenga”
était la plus appréciée par le marché
car les fromages étaient meilleurs, plus réussis,
plus goûteux, plus gras et plus tendres.
La production “vernenga” comprenait les fromages “quartiroli”,
qui étaient produits en automne, quand les vaches se nourrissaient
encore de fourrage vert (l’herbe “quartirola”
correspondant à la dernière herbe fraîche qui
pousse après la troisième coupe de foin) et les “vernenghi”
proprement dits, qui étaient fabriqués en régime
de fourrage sec.
Dans le commerce, on trouvait des fromages de 20 à 80 kilogrammes
; les plus gros étaient les plus prisés, à
condition d’être parfaits. Les meules étaient
cylindriques avec talon convexe ; on essayait de maintenir une certaine
proportion entre la hauteur et le diamètre de manière
que la première soit un peu plus d’un tiers du second.
Quant au rendement du grana, 100 litres de lait fournissaient de
2 à 3 kilos de beurre et de 6,14 à 6,80 kilos de fromage
frais, pesé 24 heures après la fabrication. Le fromage
à six mois d’affinage se réduisait de 10 à
20 pour cent à cause de la perte d’eau et des nombreux
raclages effectués pour maintenir la croûte propre.
Dans le magasin du négociant, une nouvelle perte de poids
se vérifiait évaluée à 7-15 pour cent.
Par rapport à d’autres fromages, la production du grana
était parmi celles qui présentait la plus grande quantité
de déchets. Généralement, on avait un tiers
de déchets immatures, un tiers de déchets marchands
et seulement un tiers était “choisi”.
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